Chronologie et carte
Front occidental : échec de la guerre de mouvement
1914 : l’année des illusions
Le 1er août 1914, l'Allemagne et la France se mobilisent. Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Le 4 août, le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne. Si l'enthousiasme de la mobilisation a sans doute été majoré, il est une réel même s'il n'a pas duré. Cependant le "patriotisme défensif" a conduit partout à des "Unions Sacrées" autour des gouvernements ou des souverains des pays démocratiques et des empires autoritaires car tous se sentent menacés, agressés...
Illusion d'une guerre courte dans les deux camps
Des deux côtés, on envisage une guerre offensive mais avec des stratégies opposées. Le Plan Schlieffen, côté allemand, prévoit l'écrasement de la France en six semaines après l'invasion de la Belgique ( neutre ) et en s'appuyant sur la puissance de l'artillerie . Le Plan Joffre, au mépris de l'artillerie, compte sur l'enthousiasme des fantassins pour couper l'armée allemande en deux lors d'une offensive en Lorraine et en Alsace.
Après des premiers succès, les armées allemandes percent au nord de la France et se dirigent vers Paris. Mais l'aile droite allemande exposa son flanc à une contre-offensive française : lors de la bataille de la Marne (du 5 au 10 sept. 1914) les Français repoussent les Allemands jusqu'à l'Aisne.
Cette première grande victoire française est liée en grande partie à l'action de la IIIème Armée française qui a réussi à bloquer, aux alentours de Verdun, l'avancée de l'armée impériale du Kronprinz. Si ce dernier était parvenu à atteindre Bar-le-Duc, la route de Paris aurait été ouverte et la bataille de la Marne perdue. A l'évidence, le rôle de pivot de la place de Verdun au cours de cette bataille a rendu la victoire possible. Les adversaires tentent alors de se déborder, ce qui a entraîné un glissement du front vers les Flandres, appelé improprement " course à la mer ".
La guerre s'enlise
Les deux armées s'enterrent alors dans des tranchées fortifiées, protégées de sacs de sable, de réseaux de barbelés et reliées entre elles par des boyaux, le long d'un front continu depuis la Mer du Nord jusqu'à la Suisse. C'est à l'occasion de la retraite de l'armée allemande consécutive à la bataille de la Marne et en raison de la présence et de l'importance de la place fortifiée de Verdun, que la ligne de front prit cette forme particulière appelée : saillant de Verdun. Désormais, les armées françaises et allemandes sont condamnées à mener une guerre différente de celle qu'elles avaient imaginée au départ.
1915 : guerre des mines et échec des grandes offensives
A Vauquois et aux Eparges, deux secteurs situés aux deux extrémités du saillant de Verdun, il s'agit pour le commandement français de reprendre aux Allemands ces points hauts d'où ces derniers menaçaient les tranchées environnantes. Les deux armées s'affrontent à la fois sur terre (duels d'artillerie, attaques d'infanterie) et sous terre (galeries creusées sous les positions adverses que l'on tente de faire exploser). Les offensives alliées échouent en Champagne et en Artois. Certaines attaques, coûteuses en vies, sont lancées pour la conquête de quelques centaines de mètres.
1916 : Les grands conflits de la Meuse et de la Somme
Allemands et Français entendent forcer la décision sur le front occidental. Deux batailles (Verdun et la Somme) particulièrement meurtrières marquent cette année de « guerre totale et industrielle ». Cette bataille majeure parmi toutes celles qui se sont déroulées dans la région de Verdun tout au long de la guerre a eu des effets importants sur la suite du conflit. En effet, cet insuccès a conduit l'état-major allemand à mener une guerre sous-marine qui eut pour conséquence directe l'entrée en guerre des Etats-Unis. Soulignons toutefois que le 18 décembre 1916, la reconquête du terrain perdu par les français n'était encore que très partielle. Dans la Somme : l'offensive franco-britannique du 1er juillet, entraîne, elle aussi, des pertes (tués, blessés, disparus...) considérables (environ 40 000 anglais et 20 000 français) pour des gains territoriaux extrêmement faibles.
1917 : l’entrée en guerre des Américains
Le 2 avril, les Etats-Unis déclarent la guerre à l'Allemagne mais leur armée - à constituer - ne sera opérationnelle qu'en 1918, notamment grâce à l'aide française. Des troubles éclatent au sein d'une armée française très éprouvée et démoralisée par des échecs retentissants et meurtriers commpe par exemple au Chemin des Dames. Des actes de désobéissance allant parfois jusqu'à de véritables mutineries ont concerné quelqueS 40 000 soldats au total. Les mesures prises par le Général Pétain pour améliorer la vie du combattant, parallèlement à des mesures répressives limitées (on dénombre moins de cent fusillés), l'arrivée de Clemenceau au pouvoir, mettent fin à l'agitation. L'Allemagne, de son côté, connaît des troubles sociaux liés à la pénurie.
La révolution bolchevique conduit à l'armistice du 3 décembre 1917 entre Russes et Allemands et à la paix séparée de mars 1918. Cela avantage l'Allemagne qui ne se bat plus que sur un seul front : le front ouest. Autour de Verdun, se poursuie de la reconquête française sur la rive gauche avec la reprise du Mort-Homme et de la Cote 304 en août. Il s'agit pour l'essentiel d'attaques localisées destinées à redonner le moral aux Poilus après les mutineries et l'épreuve du Chemin des Dames. L'entrée en guerre des Etats-Unis et le retrait de l'armée russe modifient les conditions de la guerre, les rapports de force et annoncent la fin de la guerre de position.
1918 : la reprise de la guerre de mouvement et la victoire des Alliés
Les Etats-Unis entrent en guerre d'une manière effective, apportant une aide tant militaire qu'économique. Le général Foch prend alors le commandement de toutes les forces alliées. L'ultime offensive allemande en Champagne (juillet 1918) est stoppée par Foch qui lance une contre-attaque alliée ; elle s'élargira à tous les fronts. Dominée numériquement et matériellement (engagement des chars d'assaut français), l'Allemagne est au bord de la guerre civile et de la défaite.
Les Etats-Unis libèrent la Meuse
Le 12 septembre, le général Pershing lance la première attaque victorieuse contre le saillant de Saint-Mihiel et fait 16000 prisonniers allemands. Le 26 septembre, lors de la difficile offensive Meuse-Argonne (Varennes - Montfaucon - Stenay), ils remportent au prix de pertes considérables (environ 117 000 hommes) une victoire retentissante qui conduira à l'Armistice signé à Rethondes le 11 novembre, entrant en vigueur à 11 heures...
Chronologie de la bataille de Verdun


