Verdun dans la Grande Guerre
Comment se situe Verdun dans ce contexte général ?
Le polytechnicien Séré de Rivières fut chargé de la fortification du Nord-est de la France après la guerre de 1870. Il construisit des régions fortifiées linéaires intégrant les obstacles naturels et ponctuées de camps retranchés. Verdun, môle nord privilégié dans le nouveau réseau défensif, retrouva alors son rôle historique de forteresse. En effet, c'était une base offensive: tête de pont de la France sur la Meuse pouvant contrebalancer Metz, alors annexée, et un nœud de communication Nord/Sud et Est/Ouest. De 1875 à 1914, une double ceinture fortifiée fut créée autour de Verdun qui apparaissait, à la veille de la guerre, comme la place la plus moderne et la plus puissante de l'Est de la France.
Cette bataille franco-allemande - où furent engagées des forces coloniales - a été en définitive non seulement une bataille importante, mais bien la bataille de la France puisque près des 3/4 de l'armée française ont combattu à Verdun. De ce fait, elle est devenue, dans la conscience nationale, le symbole de la Grande Guerre qu'elle résume et dont elle marque à la fois le sommet et le tournant.
Au total, on s'est battu autour de Verdun du début de la guerre à la fin ; la bataille de 1916 a été un temps fort de tous ces combats de 1914 à 1918. Mais cette bataille joua un rôle décisif dans la victoire finale dans la mesure où les Allemands, ayant connu un échec dans leur tentative de percer le front à Verdun, se sont alors lancés dans la guerre sous-marine à outrance provoquant ainsi l'entrée en guerre des Etats-Unis ; ce qui modifia le rapport de force en faveur des Alliés.
De plus, Verdun est entrée dans la conscience collective nationale dès les premiers jours de la bataille - devenue la bataille de France. Cette dernière résuma à elle seule la "Grande Guerre" et fit de Verdun son lieu de mémoire éminemment symbolique.
La mémoire de la Grande Guerre à Verdun


